30 août 2006

Public Enemy - Bring that beat back (SlamJamz/Koch)

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Ce groupe légendaire existe depuis 1982. Pour les plus jeunes qui l'ignorent peut-être, sachez qu'au tournant des années 90, Public Enemy était aussi connu que puisse l'être Eminem aujourd'hui. Rappelons les faits.

Le groupe Run DMC sort le rap du ghetto en 1986 avec la chanson Walk This Way du disque Raising To Hell, interprété en duo avec Aerosmith. C'est Rick Rubin, jeune fondateur de Def Jam et producteur de la chanson, qui est derrière cette idée de génie. Fusionner le son rap, une curiosité à l'époque avec celui bien établie du hard rock. Mais ce n'est pas à la radio, c'est plutôt avec le vidéoclip, phénomène tout aussi nouveau, que des milliers de jeunes en Amérique du Nord découvriront pour la première fois que le rap existe. Autre fait marquant, le même Rubin produit la même année le premier disque des Beastie Boys, Licensed To Ill, un autre grand classique. Le rap franchit donc un nouveau pas, puisque pour la première fois, les chanteurs sont blancs.

Public Enemy arrive en 1987 avec Yo! Bomb Rush The Show, aussitôt encensée par la critique. Leur deuxième, It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back est un des meilleurs disques de rap de tous les temps selon plusieurs. Les productions musicales sont plus sophistiquées qu'à l'habitude pour l'époque. En plus des propos extrêmement controversé et revendicateur de Chuck D. Et c'est la consécration en 1990 avec Fear of a Black Planet, leur troisième disque. Les médias transformeront le groupe en véritable phénomène et ils seront les premiers rappeurs à faire une tournée mondiale. Ce disque fait partie depuis 2005 des documents conservés à la librairie du congrès des USA à titre d'ouvrage important de l'histoire interraciale, c'est peu dire de l'influence qu'ils ont eut il y 15 ans.

Plus récemment, ils ont fait paraître quatre disques entre 1999 et 2006. Passant plus ou moins inaperçu dans l'immensité du marché d'aujourd'hui dominé par les 50 Cents et compagnies. Si en effet vous n'avez comme moi, rien entendu de cela, l'album Bring That Beat Back est une bonne façon de rattraper le temps perdu. Il contient dix pièces venant des quatre derniers. Livré sur de nouvelles productions fraîchement fabriquées pour l'occasion. Le son en question est riche, varié, actuel et très bon dans l'ensemble. Sans parler du micro, où Chuck D, Flava Flav et les autres sont de véritables pros en la matière. Le fait à noter, la modernité du résultat final, remarquable dans le cas d'un groupe qui a plus de 25 ans de carrière derrière lui. Un achat recommandé pour se souvenir autant que pour découvrir.

www.publicenemy.com

29 août 2006

JR Writer - History in the making (Koch)

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Pour faire changement cette fois-ci, parlons d'un truc à chier. Quoi ? Riez pas, y'a du monde qui aime ça faut croire parce que j'en reçois souvent. En l'occurence, Diplomat, le crew de New York avec Jim Jones, Cam'ron, JR Writer et compagnie... Juste avant d'écrire sur le sujet, j'ai lu sur le communiqué de presse : «The Diplomats are unquestionably THE hottest New York hip hop collective since the Wu-Tang Clan.» Ben oui, pis quoi encore, je serais curieux de savoir ce que RZA en pense... Pas certain qu'il dirait oui. Car justement, non, c'est copier sur le succès du clan, mais c'est bien merdique en comparaison. Les ingrédients principaux, à savoir, la saveur, l'originalité et la créativité ne font pas parti du plan de cette légion d'imitateurs. Aucune âme, on dirait n'importe qui, n'importe quoi, n'importe quand. Toutes les chansons se ressemblent, tous les beats sortent d'une usine et tous les textes sont interchangeable et insipide. Le gars rap pas si mal, mais il manque nettement de personnalité et de pertinence. Du gros gangsta rap de série B.

www.jr-writer.net

22 août 2006

J Dilla - The Shining (BBE)

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Première sortie posthume pour Jay Dee. Terminer avant sa mort pour ce qui est des beats mais achever par son ami Karriem Riggins. Il fut mandaté de la délicate tâche de réunir quelques-uns des intimes du mourant pour un dernier tour de chant. Et ainsi mener cet important projet à bon port. Important puisque cela se veut en sorte le testament d'un artiste qui a repoussé à sa façon les limites de son art. Le marquant pour toujours d'une présence toutefois trop courte qui se termina à l'âge de 32 ans.

La carrière de J Dilla prend son envol en 1996. Il produit cette année-là pour des poids lourds tels que Tribe Called Quest et Pharcyde. Mais également pour Busta Rhymes, Keith Murray ou encore Proof. En 1999, Dilla produit à lui seul 11 pistes du premier solo de Q-Tip. Pour en remettre en 2000 sur deux très bons disques, Like Water For Chocolate de Common (10 morceaux) ainsi que la totalité des productions de Fantastic Vol. 2 au sein du trio Slum Village. Il lance son premier solo, l'excellent Welcome To Detroit en 2001 sur le label BBE. En 2003 sous l'étiquette Stones Throw, c'est Champion Sound aux côtés de Madlib qui voit le jour. Et ensuite l'album Donuts en 2006, constitué uniquement d'instrumentaux qui sort la semaine de sa mort en février dernier.

Pour sceller cette brillante carrière en beauté, voici donc The Shining. Un peu bref avec seulement 12 pistes, mais fort savoureux avec le meilleur des récentes créations du défunt. C'est dans la même lignée que son travail sur Donuts, mais nettement plus approfondi. Ça ne montre aucun signe d'essoufflement créatif et on peut gager qu'il en aurait été ainsi pour plusieurs années encore. Avec la présence d'incontournable tel que Common, Madlib, Black Thought, Guilty Simpson, Busta Rhymes et Pharoahe Monch. Dommage, j'en aurais dégusté encore longtemps de ce talent inné que fut l'unique James Yancey.

www.j-dilla.com

21 août 2006

Ghislain Poirier - Rebondir EP (Rebondir Records)

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Ghislain Poirier est l'artiste québécois dans le rap qui a su le mieux s'exporter aux USA jusqu'à maintenant. Et on peut en être fière parce qu'il est aussi probablement le seul. II a lancé ses deux derniers disques avec le label Chocolate Industries qui compte également parmi ses rangs Diverse, Lady Sovereign ou encore Vast Aire. Ce n'est bien entendu pas nécessaire en soit, mais je tiens tout de même à le féliciter pour cette réussite. Sans parler de l'attention médiatique très positive qu'il a engendrée avec son travail jusqu'à maintenant. Plus prêt de nous ici au Québec où il fait également sa marque, comment passer à côté de l'éclosion du groupe Omnikrom qui doit une fière chandelle à ce dernier pour son aide et son appuie inconditionnel. Une autre étape vient de s'enclencher pour lui avec la création de son propre label, Rebondir Records. Ce nouveau EP qu'il nous offre se veut la première sortie de ladite entreprise. Poirier est fidèle à lui-même, avec ce style propre qu'il façonne depuis des années. Il livre ici un savant mélange de rap, de grime, d’électro et de dub. Aider de la présence au micro de Radioinactive, TTC, Omnikrom et le nouveau venu Nik Myo. Tout ça pour dire que ça promet pour l'avenir !

www.ghislainpoirier.com

19 août 2006

New Flesh - Universally Dirty (Big Dada)

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Si Roots Manuva est l'ambassadeur le plus connu du label Big Dada, le trio New Flesh formé des rappeurs Juice Aleem et Toastie Tailor ainsi que du producteur Part 2 est peut-être la carte la mieux cachée de cette branche de Ninja Tune. Ils ont débuté sous son enseigne avant même Roots. Avec un maxi de 5 chansons en 1997 et l'album Equilibrium en 1999 sous le nom de New Flesh For Old, pour poursuivre sous New Flesh et lancer Understanding en 2002. Suivi d'une pause et d'une sortie solo du britannique Part 2 en 2005. La base sonore du travail de Part 2 est une fusion de hip hop, d'électro, de dancehall et de dub. Dans un style propre à la scène anglaise, recherché, original et efficace. Les deux jamaïcains au micro y vont eux d'une livraison verbale à saveur grime hautement énergique et maîtrisé. Je ne suis pas sûr de savoir vraiment lequel est qui, mais chose sûre, il se complète à merveille. Si vous aimez Manuva, il y a de fortes chances que ce disque vous plaise également. Un intéressant métissage culturel qui ne peut qu'élargir vos horizons musicaux.

www.bigdada.com

15 août 2006

Oh No - Exodus Into Unheard Rhythms (Stones Throw)

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Un petit mot sur les deux cerveaux derrière ce disque. Le premier, Oh No vient d'une famille pour qui la musique n'a plus de secret. Son grand frère Madlib est une figure iconique du rap underground et son père, Otis Jackson est un chanteur soul emblématique des années 70. La seconde personne impliquée s'appelle Galt MacDermot. Sans savoir qui il est, tous en général ont déjà entendu parler de l'oeuvre la plus connue du monsieur, la célèbre comédie musicale Hair. Le rapport entre les deux ? Oh No, pour la parution de son deuxième album a eu le privilège de l'accès complet au catalogue de l'illustre MacDermot. Afin de créer des compositions en échantillonnant la moindre parcelle sonore digne d'intérêt. Les créations musicales qu'il a concoctées expriment bien la richesse de ce qu'il a eu entre les mains pour y arriver. C'est très soutenu au plan instrumental. L'album consiste en 22 chansons, beaucoup de matériel en soit. Un chiffre qui souvent me fait soupirer d'inconsistance, mais pas dans le cas présent. C'est bon du début à la fin. Avec une liste impressionnante d'invités comme Cali Agents, Buckshot, Wise Intelligent, Wordsworth, AG (D.I.T.C.), Aloe Blacc, LMNO, Vast Aire, MED, Wildchild, Posdnuos (De La Soul), Roc C, Dudley Perkins, Murs et Georgia Anne Muldrow. Un disque concept qui figure déjà dans mon cas parmi les valeurs sûres de l'année !

www.stonesthrow.com/ohno

Lord Jamar - The 5 % Album (babygrande)

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Lord Jamar vient du groupe Brand Nubian, formé en 1989 avec Sadat X et Grand Puba. Ils ont fait paraître du très bon matériel dans les années 90, mais le dernier en 2004 n'a franchement rien cassé. Tout comme l'album de Sadat X sorti l'année suivante. Début 2006, à l'annonce du premier projet solo de Lord Jamar, j'étais bien curieux de voir s'il serait en mesure de sauver les meubles en faisant mieux que son acolyte de toujours. L'internet me donna rapidement l'heure juste avec quelques morceaux intéressants largués ici et là. J'ai donc mis ma patience sur le coup espérant être bien servie en retour. Finalement ? Deux pouces en l'air à Jamar puisque le mot déception ne fait aucunement partie de l'équation finale relative à l'oeuvre en question. Les productions sont à la hauteur et surtout, près de la moitié sont de l'artiste lui-même. Les textes prennent leurs sources d'un sujet précis, vous verrez dans le livret de 90 pages en achetant l'album. Également, la présence de certains poids lourds du Wu-Tang n'ajoute que de la profondeur à l'ensemble.

www.5percent.org

09 août 2006

The Kings of Diggin' - Kon & Amir and DJ Muro (BBE)

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D'abord, souhaitons bon anniversaire au label BBE qui fêtera en septembre prochain ses 10 ans. Une décennie à offrir des produits de qualité sans tomber dans la facilité. Réunissant durant cette période une impressionnante discographie orientée dans plusieurs styles différents. Funk, musique latine, jazz, soul, techno, disco et beaucoup de bon hip hop. Avec par exemple J Dilla (The Shining doit paraître le 22 août prochain en passant), DJ Jazzy Jeff, DJ Spinna, ou encore Pete Rock. Et ramenant du passé quelques artistes mémorables un peu oublier tels Roy Ayers ou encore Larry Gold. Merci beaucoup pour tout, mais revenons sur notre sujet principal, le cinquième volume de la série King of Diggin'. Le crate diggin' consiste à traquer les vestiges musicaux du passé et à dépoussiérer quantité de vieux vinyles oubliés pour en extraire la perle rare. Il s'agit ici d'un album double. Le premier disque recèle les trouvailles du duo Kon & Amir puisé dans le répertoire funk des seventies. Les noms ne disent pas grand-chose, mais il y a d'excellentes chansons et quelques bons remixes de Kon. Le deuxième disque vaut son pesant d'or et pour ma part il justifie l'achat à lui seul. C'est hallucinant. Toujours dans l'univers funk des années 70, près de 80 minutes de musique de quelques 44 artistes différents. Choisie par l'oreille aiguisée de DJ Muro, considéré comme un des meilleurs DJ japonais et qui nous offre ici la crème de son répertoire en la matière. C'est bien simple, si vous aimez le funk, courez l'acheter !

www.bbemusic.com

04 août 2006

Tha Dogg Pound - cali iz active (Koch)

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Tha Dogg Pound est un duo originaire de la côte ouest formé en 1992. Au départ, le groupe était constitué de Kurupt, Daz, Warren G, Nate Dogg et Snoop Dogg mais le succès des carrières solos de Warren, Nate and Snoop ont réduit la formation à ses deux membres fondateurs, Daz Dillinger et Kurupt. Après s'être d'abord fait une niche sur les deux classiques que sont : The Chronic de Dr Dre et Doggystyle de Snoop Dogg, les deux cabots cassèrent la baraque en 1995 avec la sortie de leur premier disque, l'excellent Dogg Food. Après quelques embrouilles ces dernières années, Snoop, leur mentor des premières heures parvint à réconcilier Daz et Kurupt autour d'un projet d'album à paraître sur son label. C'est maintenant chose faite. C'est correct, mais il y a un bémol. Les propos sur certaines chansons sont vraiment très misogynes, on ramène la femme à un simple morceau de viande et ça devient un peu ridicule à la fin. Sinon, sûr que le flow est là, on a quand même affaire avec de vieux pros. En plus de Snoop qui fait son territoire ici et là comme on le connaît. Malgré la pauvreté des textes, la majorité des beats en viennent presque à compenser ce flagrant manque d'originalité. Surtout si vous aimez le son g-funk de la west coast. Loin d'un incontournable, mais tout de même appréciable.

www.thedoggpound.com