30 octobre 2006

Zion I & The Grouch Are... Heroes in the city of dope (Om Records)

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La région de Bay Area en Californie fournit son lot de bon rap underground depuis des années. Un autre exemple de cette situation récurrente vient tout juste d'émerger, cette fois en provenance d’Oakland. Le fruit d'une collaboration entre trois personnes, Zion I et The Grouch qui s'échange le micro, ainsi que Amp Live, qui produit la quasi-totalité de la quinzaine de morceaux. Pour situer un peu les protagonistes, Zion I, en 2000, a fait paraître un excellent disque salué par la critique et entièrement produit par Amp Live, tandis que The Grouch, lui, est membre du collectif Living Legends, genre de Wu-Tang Clan de la côte ouest. Avec le talent en présence et cette envie commune de travailler ensemble, la réunion officielle de ces trois personnes ne pouvait qu'abonder dans le bon sens. Amp Live tire aisément son épingle du jeu avec de la variété et de la précision au niveau du son, tandis que les deux autres offrent un propos réfléchi appuyé par un flow convaincant. S'opposant en terme de style sans se nuire, l'exercice donne un équilibre intéressant. Un effort qui ne passera pas à l'histoire, mais qui ne ternit en aucun cas la réputation des artistes ici présents. Si vous aimez habituellement le rap de la Bay Area, ceci est à la hauteur de vous faire cracher le billet requis pour l'amener chez soi. Cinquante minutes qui valent bien un petit arrêt au Guichet.

29 octobre 2006

Bone Thugs N Harmony - Thug Stories (Koch)

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Je n'ai pas suivi l'essentiel de leur carrière, de 1993 à aujourd'hui, mais dans mon souvenir de la période allant de 95 à 99, leur son était beaucoup plus gangsta et incisif. Sur cette nouveauté, les trois membres restants de Bone Thugs (Layzie Bone, Krayzie Bone et Wish Bone) rivalisent en douceur avec la marque de papier de toilette la plus confortable sur le marché. Sur un album qui contient seulement 12 chansons, la facture finale tend beaucoup trop sur le R&B. Au moins 6 ou 7 pièces vont dans ce sens. Le résultat s'inscrit dans un registre digne d'un feu de foyer, portant pantoufles en sirotant du champagne sur une peau d'ours. Le reste de l'album tente bien que mal de rétablir la balance vers un côté plus sombre, mais en vint. Ça demeure encore trop doux à mon goût. Fini l'époque où Bone Thugs terrorisait le micro ? On aura peut-être la réponse définitive avec leur prochain disque, prévu quelque part au début de 2007. Autrement que celui-ci, l'achat de E. 1999 Eternal, considéré à juste titre comme un classique, est un bien meilleur investissement pour découvrir le meilleur de Bone Thugs N Harmony.

28 octobre 2006

SAS-31 - Invertébré (L'autre Terre)

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Quoi de mieux pour décrire le son de SAS-31 que de rapporter les mots qui viennent directement du meneur de la formation. Selon Denis Ferland (voix, guitare et harmonica), on parle d'un rock cru et légèrement folk avec une « drive » de punk. Les autres membres du groupe sont Denis Faucher (claviers), Richard Deschenes (basse) et Simon Blouin (batterie et tambourine). Il s'agit bel et bien de rock, aucun doute là-dessus, mais si on s'attarde aux mots, cru est peut-être mal choisi. Disons simplement que j'ai déjà croqué dans plus brutal et mordant que ceci. La petite touche de folk est là et elle amène une dimension intéressante à l'ouvrage. L'album a été capté « live » en studio. Les chansons ont été écrites et enregistrées de façon très impulsive avec peu de retouches. Voilà qui explique sûrement le qualificatif de « punk » accolé au projet. Le propos général abonde dans un cadre de revendication sociale et de dénonciation du comportement catastrophique des humains en général. Personnellement, je n'écoute qu'assez rarement de ce genre de musique, et franchement, j'ai somme toute apprécié l'expérience. Si vous appréciez le rock québécois alternatif, vous allez sûrement aimer l'album Invertébré.

27 octobre 2006

Sly & Robbie - Rhythm Doubles (Taxi Records)

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Si vous êtes plutôt ignorant en matière de reggae, Sly Dunbar et Robbie Shakespeare sont sûrement deux inconnus pour vous aussi. Fait à souligner cependant, ils ne sont rien de moins que deux pionniers de ce courant enfumé, natif de l'île appelé la Jamaïque. Entreprenant leurs carrières au côté de Peter Tosh dès 1975, ils émergent de Kingston, la capitale, en 1978 sous la simple appellation de Sly & Robbie. Le duo fonde alors sa propre maison de disques, Taxi Productions et se retrouve à la tête de The Taxi All-Stars, le principal groupe du label. Plus que prolifique toutes catégories confondues, ils auraient depuis ce temps, contribué en tant que musiciens ou producteurs sur quelques milliers de chansons au total. Produisant des superstars du rock et de la pop comme Bob Dylan, The Rolling Stones, Joe Cocker, Serge Gainsbourg, Michael Franti, Carlos Santana ou Sinead O'Connor... Fait intéressant sur cette nouveauté, Sly & Robbie, malgré un certain âge, se fondent parfaitement dans le décor qu'ils ont choisi. Soit le mélange d'à peu près tout de la musique communément appelée « urbaine » qui sévit de nos jours. Impressionnant de voir avec quelle aisance ils passent d'un style à l'autre sans trop perdre de plumes. Avec la présence de Wyclef Jean, Elephant Man, Bounty Killer, Maxi Priest, Taxi Gang et Lady Saw. Un habile mélange des genres, et preuve ultime, s'il en fallait encore une, de l’intemporalité du talent de Sly & Robbie.

12 octobre 2006

Swollen Members - Black Magic (Battle Axe)

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Passablement reconnus ici au Québec, les rappeurs de Swollen Members, formation fondée en 1996 à Vancouver, sont cependant de véritable vedette dans le reste du Canada. Le groupe le plus connu du genre sans contredit. Le nombre de leur vente le confirme aisément. En plus des nombreuses récompenses qu'ils ont raflées par exemple au Juno Award, l'équivalent du gala de l'ADISQ. Remportant le prix du meilleur disque de rap lors de la parution de leurs trois premiers. Le quatrième, paru en 2003 à malheureusement déçu plusieurs amateurs, jugés trop commercial par rapport aux autres. Ils ont pris bonne note du mécontentement. Sont retournés en studio peu après avec l'intention de revenir à leurs origines avec un son plus noir, le même qui les caractérisa au départ. Pour ma part, je n'ai entendu que le premier, difficile donc de comparer. Toutefois, j'ai été agréablement surpris par ceci, franchement, je m'attendais à pire. Le résultat est authentique, le style est soutenu et les courbettes commerciales ne sont pas au menu. Avec quelques apparitions intéressantes, Ghostface, Dilated Peoples, Hieroglyphics, The Alchemist, Planet Asia et Phil The Agony. Plusieurs beats rentables également de la part d'une panoplie de créateurs. Seul bémol, peut être un peu trop long avec ses 21 chansons. L'intérêt finit par s'en trouver dilué, mais en gros, ça demeure de bon calibre.

09 octobre 2006

Les Georges Leningrad - Sangue Puro (Dare To Care)

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Dans la catégorie « freak show », Les Georges Leningrad est sans contredit l'équipe que j'enverrais nous représenter aux jeux olympiques de la zizique... Tout le monde, presque sans exception qui a vu un spectacle du trio québécois vous le dira sans hésiter, c'est une expérience difficile à oublier. Pour ce qui est du son, comparé à ce qui joue à la radio, c'est de la pure musique satanique. Rien de violent dans l'âme, mais hautement acide, étrange et survolté. Leur nouvelle créature, Sangue Puro, se veut la troisième mouture sanguinolente du groupe. Formé de Poney P qui chante, de Mingo L'Indien qui se charge du son électronique, des guitares tranchantes et des costumes bizarres, ainsi que l'homme masqué, Bobo Boutin qui détruit littéralement sa batterie avec son style unique et précis. Autre élément très important de leur univers, les trois, ici et là s'emploient derrière différents types de synthétiseurs. Ils se décrivent eux-mêmes comme le nec plus ultra du rock pétrochimique à Montréal. En effet, ils ont les clés de la raffinerie et je leur laisse volontiers. Le produit est hautement toxique et corrosif. Tout sauf la normalité.

08 octobre 2006

Method Man - 4:21...The Day After (Def Jam)

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Plusieurs, les vieux fans surtout, attendaient Meth avec un couteau entre les dents pour la venue de ce nouveau disque. Et avec raison. Depuis la bombe que fût Tical, son premier effort solo en 1994, le moins qu'on puisse exprimer est qu'il n'a pas épaté grand monde avec les deux suivants, Tical 2000: Judgement Day et notamment l'autre, Tical 0: The Prequel. Dans le cas de ce dernier paru en 2004, la critique n'a pas été tendre envers lui, l'invitant même à prendre la porte vers la retraite... Disons que le monsieur, qui a quand même un statut enviable dans l'histoire du rap, ne l'a simplement pas digéré. Il a répliqué via l'appareil médiatique à l'endroit des dits journalistes, les encourageant tous à gentiment aller se faire foutre... Solution temporaire puisque le doute sur ses capacités à se renouveler resta entier. Problème, à mon avis, qu'il vient toutefois de régler avec la parution de 4:21...The Day After. Les productions de RZA y sont certainement pour quelque chose. Erick Sermon en produit lui aussi quelques-unes et il s'en tire avec une note convenable. En plus de la présence de ses vieux potes, Raekwon, ODB, LA The Darkman, Inspectah Deck, Redman et autres qui aide à solidifier l'ensemble. Il y a quelques longueurs, mais c'est sans doute son meilleur depuis Tical...

04 octobre 2006

Sol.illaquists of sound - as if we existed (Anti-)

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Premier disque pour ce collectif de la Floride dont je n'ai jamais entendu parler auparavant. Dans un cas semblable, on cherche bien sûr des indices. La pochette en contient toujours un bon, le label. Dans ce cas-ci, la présence de la marque Anti- se veut rassurante. En sa qualité d'étiquette indépendante, elle n'a pas d'argent à jeter par les fenêtres et heureusement, fait peu de mauvais placements avec ses sorties. Bien entendu, ça dépend toujours de vos goûts... Mais dans le cas qui nous intéresse, encore une fois, c'est un révélateur de potentiel. Mettant en vedette un mc, Swamburger, une vocaliste, Alexandrah et c'est produit, programmé, enregistré et arrangé par DiViNCi. Un peu à la manière de One Self, le groupe de DJ Vadim. Ce partenariat des sexes au niveau de la voix donne droit à une fine mixture et beaucoup de texture. Un très bon emcee, et elle, excellente chanteuse aussi. Le créateur sonore, lui, parcourt différentes tendances, du rap bien sûr, beaucoup d'électronique et différents instruments qui s'entrechoquent dans sa musique. Beaucoup de rythme certaine fois, d'autres moments plus calmes, c'est selon. C'est très bien distribué au travers des douze chansons de l'album. Rarement ennuyant au niveau du son et sans insignifiance au niveau des paroles. Une belle découverte et un premier effort sans grand reproche pour ce jeune groupe.

Four Tet - Remixes (Domino)

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J'ai découvert Four Tet (Kieran Hebden) sur un remixe qu'il a fait de l'excellent Madvillain, le vénérable album de Madlib et MF Doom, qui oeuvre en ce moment sur la suite du projet. La transformation complexe qu'il en a faite, à forte teneur électronique, m'avait frappé par son approche profonde et déroutante. Four Tet, en effet, adore chambarder les choses, reconstruire en déconstruisant et réinventé à sa guise. Certes, son monde est particulier, c'est pour les oreilles dégourdies qui ont l'appétit aiguisé. Si vous le connaissez et l'aimez, tant mieux ! Sinon, c'est pour les curieux... Tellement éclectique ici cependant que ça peut plaire à plus de gens qu'il n'en paraît. Si vous appréciez les rythmes électroniques évidemment. Jetez donc un oeil sur le contenu de ce disque et vous jugerez par vous-mêmes. D'abord le premier, c'est des remixes de Four Tet, d'artistes comme : Radiohead, Madvillain, Sia, Aphex Twin, Bonobo, Beth Orton (Portishead), Bloc Party et Pole. Le deuxième, ce sont les chansons de Four Tet qui sont repris par d'autres, tels que : Jay Dee, Manitoba, Koushik, Icarus, Sa-Ra Creative Partners et Boom Bip avec la présence au micro de Percee P. Une véritable orgie de son et d'expérimentation. Avec plus de deux heures de musique, voici là un voyage qui peut vous mener assez loin si l'aventure vous intéresse...

www.fourtet.com

03 octobre 2006

Kenny Flav - Wayne Kounty Fantasy World (ler Cru)

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Je suis désoler d'avoir à dire ça pour les fans de Kenny Flav, si fans il y a, mais son disque est nul à chier. Impossible d'endurer pareille merde. J'ai eu peine à entendre deux chansons en ligne sans éclater de rire ou pleurer de supplice. J'ai essayé de l'écouter à trois reprises et l'expérience fut tout autant pénible chaque fois. Complètement insupportable dès la première minute sur la quasi-totalité des morceaux. Du petit r&b à saveur de vieux « fake ass pimp » dépassé depuis des années. Si seulement c'était une caricature, mais non, c'est voulu et ça se tient selon notre ami Kenny. En fait, dans cette histoire, il est maire du compté de Wayne et l'action, si action il y a, se déroule dans son interprétation d'un quelconque monde fantaisiste... Très fruité si vous voulez mon avis. L'idée vient de son « crazy state of mind » comme il le mentionne dans le livret. Proche de Détroit à voir la pancarte derrière la pochette. Sérieusement, c'est gênant pour la ville de l'automobile... Quétaine j'ai dit ? Plus encore. Juteux à souhait pour atterrir directement dans une poubelle !