29 novembre 2006

Outerspace - Blood Brothers (babygrande)

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Impossible d'écrire quoique soit sur Outerspace — formé de Planetary et Crypt The Warchild — sans mentionner le nom de Vinnie Paz, membre d'un duo bien connu venant aussi de la scène underground de Philadelphie : Jedi Mind Tricks. Les deux rappeurs font évidemment parti d'Army of The Pharaohs, collectif que Paz a mis sur pied en 1998 et qui contient entre autres Apathy, 7L & Esoteric ou encore Chief Kamachi. Tout comme pour leur premier disque sorti en 2004, Vinnie agit sur celui-ci en tant que producteur exécutif. Son nom donne sans contredit au produit une dose de crédibilité qui n'est pas à négliger. Mais ça devient rapidement un détail secondaire à l'écoute de l'album. Planet et Crypt ne ternissent en rien sur Blood Brothers la réputation de leur mentor. Au contraire. Sans être des rappeurs d'exception, ils accomplissent un boulot sans grand reproche au micro. Rien à redire non plus sur le travail des nombreux producteurs (J-Zone, 7L, Sake, Kwestion, Low Key, Clockwork, etc.), ils ont fournis aux deux lascars des beats d'une qualité remarquable. À part la dernière (surchargé de guitares électriques), le reste de cette aventure dans les coins sombres de Philly demeure fort appréciable.

Pawa Up First - Introducing New Details (Dare To Care)

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Beaucoup de médias québécois ont déjà émis des opinions sur ce deuxième et plus récent disque de la formation Pawa Up First. Nous sommes peut-être les derniers, mais j'ai décidé d'en parler également pour la simple raison qu'après une écoute attentive des 60 minutes que procure le disque, le constat est évident : c'est dans le très potable. Il n'est donc jamais trop tard pour propager la bonne nouvelle. Toujours faut-il aimer le style. Car petit détail important, il s'agit en grande majorité de piste instrumentale. D'atmosphère sonore ou encore d'ambiance musicale, bref, vous voyez de quoi je parle. Pour vous donner une idée de la richesse du contenu, les 6 membres du groupe ont pour repère commun d'avoir autant écouté avec les années du rock, du jazz, du classique, du hip hop, du punk, du country que de l'électronique. Ils ont donc intégré des éléments de chaque style et le résultat final, loin d'être cacophonique, est très cohérent. Quelques paroles viennent en plus agrémenter l'expérience sur trois chansons, avec de solides apparitions de Seba (Gatineau), Dshade (Shades of Culture), et Belle (une rappeuse britannique).

28 novembre 2006

C-Murder - The Tru Story... Continued (Koch)

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Pour la petite histoire, précisons que C-Murder (frérot de Master P) a été accusé de meurtre et moisi en prison depuis quelques années. À moins d'être un fan convaincu du rappeur, l'achat de ce disque s'apparente facilement à du gaspillage d'argent. Si vous ne le connaissez pas, laisser tomber, vous n'y trouverez rien de bien sensationnel et les magasins de musique débordent de rap autrement plus divertissant. Pour ceux que ça intéresse quand même, on retrouve 6 nouvelles chansons sur cette parution ainsi que l'intégral de son album précédent (très ordinaire). Pour jeter de la poudre aux yeux, un DVD (sans grand intérêt) est également inclus à l'achat. Ce dernier contient un documentaire sur le type avec de vieilles entrevues et quelques vidéoclips. Donnons-lui un peu de mérite de poursuivre sa carrière avec les moyens très limités que lui confère son environnement. Mais en résumé, tout ça n'est rien d'autre qu'une recette facile pour empocher quelques billets. Après tout, il faut bien payer ses factures d'avocats...

18 novembre 2006

Blue Sky Black Death presents: The Holocaust (babygrande)

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Première fois que j'entends parler de lui, mais il paraît qu'il est un affilié du Wu-Tang. Voilà qui n'étonne pas venant du label babygrande, ce dernier semble vouloir développer la bonne habitude de s'associer aux intimes du Clan. Ça m'étonne encore moins en l'écoutant rapper puisqu'il a effectivement un peu le style de ses pairs new-yorkais. Il est californien et faisait partie à ses débuts des West Coast Killa Bees, avec qui il a sorti un disque en 1998. Avant de collaborer ensuite avec RZA sur Bobby Digital In Stereo et Dirty Weaponry de Killarmy la même année. Il a changé de pseudonyme (Warcloud) pour ses deux parutions lancées en solo par la suite. Le revoilà sous sa première appellation pour ce nouveau tour de table tournante accompagné de Blue Sky Black Death, un duo de producteur qui s'affaire ici sur la totalité de l'album. Leurs créations sont d'une profondeur remarquable, mélodique et planante. Créant au passage une atmosphère presque envoûtante. Holocaust, au niveau du flow, est d'une solidité à toute épreuve. Son style est aussi sombre qu'un cimetière. Il crache ses paroles comme une bête sauvage et son propos est un délire digne d’un film d’horreur sur l’acide. Certains trouveront peut-être l'exercice un peu rude, mais ça demeure malgré cela un excellent disque de rap !

www.babygrande.com

17 novembre 2006

Hi-Tek - Hi-Teknology2 (babygrande)

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Hi-Tek est un producteur de talent qui nous l'a prouvé à maintes occasions avec le temps. Plusieurs l’ont découvert en 1998 avec ses excellentes productions pour l'album éponyme de Blackstar, un duo formé de Talib Kweli et Mos Def. Il a ensuite produit la totalité du premier effort solo de Kweli, « Train of Thought » sortit en 2000, un des meilleurs disques de rap que j'ai entendu dans ma vie. Avant de nous offrir en 2001, ses débuts à titre personnel, une parution intitulée « Hi-Teknology », qui m'a toutefois légèrement déçu comparer son travail précédent. Il reprend ici le même concept pour son deuxième, assurant la production en laissant ses copains se charger du micro pour meubler ses instrumentaux. Beaucoup de gros noms comme pour le premier : Busta Rhymes, Nas, Common, Talib Kweli, The Game, Ghostface Killah, Raekwon, Devin The Dude, Kurupt et Q-Tip. En plus de quelques jeunes à découvrir : Dion, Papoose, Ayak ou encore Lil' Tone. En véritable caméléon, il s'adapte la plupart du temps très bien à l'invité qu'il fournit en matière de sonorité. Avec, sur le lot, trois ou quatre très bonnes chansons. Mais ça demeure un peu trop R&B dans sa totalité. Un disque correct, mais loin d’être assez pour monopoliser un lecteur de CD.

www.hi-teknology.com

16 novembre 2006

Lady Sovereign - Public Warning (Def Jam)

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Saluons le brio de Jay-Z, à titre de président de Def Jam. Excusez l'anglicisme, mais à la manière de la signature de Nas sur l'étiquette, l'embauche de Lady Sovereign (Louise Harman) constitue en soit un autre « power move » digne d'intérêt. La jeune fille, native de l'Angleterre, a un avenir éclatant devant elle et il faudrait être idiot pour ne pas vouloir la prendre sous son aile. Bien joué Jigga ! Un autre pur sang parmi l'écurie. Facile d'être séduit par cette petite Anglaise d'à peine 20 ans. Son talent est évident. Après deux EP, ce premier disque officiel le confirme sans contredit. Elle bombarde les beats, tous intéressants et bien variés fournis par ses amis producteurs (Medasyn, Dr Luke et Menta), avec de l’énergie à revendre et la précision d’un tireur d’élite. Il y a peu de représentantes féminines dans le petit monde du grime, ce qui fait d'elle, un peu par défaut, la reine incontestée du style. Mais, qui pourra la détrôner ? Les paris sont ouverts. Les dames vont devoir travailler fort dans les coins, parce que la petite a définitivement du mordant. Comme elle le dit si bien elle-même, elle est « officially the biggest midget in the game... »

www.ladysovereign.com

09 novembre 2006

PB Wolf presents Chrome Children (Stones Throw)

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Mine de rien, Peanut Butter Wolf, le cerveau derrière Stones Throw a réussi en 10 ans à monter l'une des étiquettes de hip hop les plus créatrices et consistante qui soit de nos jours. Plus d'une vingtaine d'artistes en font partie, la liste ne fait qu'allonger et les sorties mémorables ne cessent d'augmenter. L'occasion, avec cette compilation, était donc belle pour lui de célébrer le succès et tous les efforts investis dans ce projet. Ceux qui ont participé de près au rayonnement de l'entreprise avec les années sont bien sûr présents : Madlib, J Dilla, Dudley Perkins, MF Doom, J Rocc, Quasimoto et Oh No. Tout comme certains acteurs de soutien : Koushik, M.E.D., Roc C, Gary Wilson et Aloe Blacc. Ainsi que les nouveaux membres à s'y être joint : Percee P, Georgia Anne Muldrow et Guilty Simpson. Notons également, vers la fin du disque, l'intéressante présence de collaborateurs plus éclectique : Pure Essence, Baron Zen et Young jazz Rebels. Cet album s'inscrit dans la tradition de la maison, où qualité et innovation sont synonymes d'obligation. Valant son pesant d'or, c'est rempli de beats succulents et d'interprètes aussi diversifiés qu'excellents. Juste pour ajouter à la nécessité de se le procurer, un DVD, contenant l'intégral d'un show de Madvillain (Madlib et Doom) tourné récemment lors d'un festival est également compris à l'achat. Si on peut maintenant parler d'un passé reluisant chez Stones Throw, on peut surtout envisager encore mieux pour l'avenir.

www.stonesthrow.com/chromechildren

08 novembre 2006

Birdman & Lil Wayne - Like Father, Like Son (Cash Money)

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À la fin des années 90, Cash Money Records fait figure de Titanic dans l'industrie du rap. Comme tout ce qui monte doit redescendre, le bateau finit par prendre l'eau et se met tranquillement à couler. Après le départ de la majorité des matelots, Bryan “Baby” Williams a.k.a. Birdman, le président et copropriétaire du label, se retrouve à toute fin pratique le dernier poids lourds en liste. Seul Lil Wayne, son protégé et fils spirituel, lui reste fidèle et demeure à ses côtés. Il n'est pas encore très connu à cette époque, mais les choses s'apprêtent à changer. Justement, en 2004, le talent du jeunot émerge véritablement avec la sortie de l'album Tha Carter. L'entreprise a de nouveau le vent dans les voiles. Après des apparitions remarquées en 2005 sur plusieurs mixtapes, il enregistre en quelques semaines le disque que personne n'a vu venir. Une suite, sobrement intitulée Tha Carter II. Un effort de qualité qui le propulse parmi les grands et vient confirmer qu'il est un des bons rappeurs du dirty south. Rien de plus normal maintenant pour eux que d'unir leur force sur un album commun, intitulé à juste titre, Like Father, Like Son. Appuyé par son «papa» qui joue les seconds violons, le fiston nous montre une fois de plus ce qu'il a dans le ventre, avec une maîtrise évidente. Soutenu par des beats solides et variés, tous ou presque produits par un certain TMIX. Les textes ne vous rendront pas plus intelligents, mais néanmoins, il y a moins de mauvais moments que le contraire sur ces 75 minutes de musique. Un disque correct somme toute et je dois dire, supérieur à mes attentes.

www.cashmoney-records.com

07 novembre 2006

The Notorious B.I.G. - The lengend Lives On (DVD)

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Qui a tué Biggie ? La question demeure. Malheureusement, et même si ça peut encore réconforter quelqu'un, tout porte à croire que nous n'aurons jamais la réponse. Personne n'a oublié son immense talent pour autant et parions que sa légende n'est pas prête de tomber dans l'oubli. Il fascine encore même dix ans après sa mort. La sortie de ce nouveau documentaire sur son histoire le confirme encore. Cependant, un conseil, ne vous pressez pas de courir acheter ceci parce que c'est somme toute très ordinaire. Ça raconte l'histoire, c'est tout. C'est précisément ce qu'on veut direz-vous, je le sais bien, mais dans ce cas-ci, le traitement frise le produit de série B. En se rendant sur internet visiter le site de la maison de production, on comprend mieux pourquoi. C'est une véritable usine à documentaire et elle a simplement choisi d'exploiter la musique. Une compagnie qui ne fait que cela et qui saute d'un artiste à l'autre dans le seul but d'empocher du fric. Et il y a surtout que, ce n'est pas autorisé par ceux qui possèdent les droits de l'oeuvre de Biggie. Donc, on n'entend par exemple aucune de ses chansons durant les 60 minutes du truc en question. La trame musicale est mauvaise, certains invités ne sortent de nulle part et les archives photo utilisées sont redondante et peu intéressante. Un DVD, contrairement à lui, qu'on pourra assez vite oublier. Malgré tout, pour s'intéresser une fois de plus au regretté, ceci demeure aussi pertinent dans l'ensemble que les inutilités sorties sur son compte par Puffy depuis quelques années.

www.chromedreams.co.uk