22 décembre 2006

Ghostface - Morefish (DefJam)

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Rappelons un peu la carrière solo de Tony Stark. Son premier album, Ironman, est un classique indiscutable. Le suivant, Supreme Clientele, bien que beaucoup moins important reste cependant un effort respectable. On aurait ensuite presque pu se passer de l'inégal Bulletproof Wallets. Avant qu'il ne revienne en force en 2004 avec The Pretty Toney Album, une livraison honnête et inspirée, mais qui trouva des échos plutôt tièdes de la part de certains fans.

Afin de ne laisser personne en reste pour 2006, Ghost a littéralement mis les bouchées doubles. Ne nous offrant au passage rien de moins que deux albums. FishScale en mars dernier (un des meilleurs du rap en 2006), ainsi qu'une suite venant de paraître, judicieusement et simplement intitulé MoreFish. C'est ce qu'on appelle avoir le vent dans les voiles ! Accompagné pour cette seconde épopée de sa garde rapprochée, le Theodore Unit (Trife Da God, Cappadonna, Shawn Wiggs...), mais aussi de son fils, Sun God, de Redman, Killa Sin, Ne-Yo ou encore Kanye West. Rien à reprocher sur le choix des invités. Situation semblable en ce qui a trait aux beats, gracieuseté de J-Love, Pantom Of The Beat, Metal Fingerz Doom, Madlib, Anthony Acid, Hi-Tek et autres. Tous les créateurs ont fourni leur quota respectif. Ghostface, un des joyaux les plus précieux de l'étincelante couronne du Wu-Tang, vient à nouveau confirmer son statut de maître et scelle l'année qui s'achève en beauté avec cette seconde cargaison. Presque aussi délectable que la première. Two thumbs up ! Aucune raison de ne pas mordre à l'hameçon...

21 décembre 2006

2 Pac - Pac's Life (Interscope)

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Les dix années écoulées depuis sa tragique mort ne l'ont bien sûr pas ramené à la vie, le moins qu'on puisse dire par contre est que sa disparition n'a en rien ralenti la prolifique expansion de son précieux catalogue. Bien au contraire, deux fois plus d'albums ont été lancés depuis sa mort que de son vivant. Sans parler des vêtements, livres et autres documentaires mis sur le marché depuis ce temps... C'est peu dire que de comparer son héritage à un gros citron qu'on presse pécuniairement à intervalle régulier. L'occasion, cette fois, était parfaite de lui rendre hommage en soulignant la décennie qui le sépare de ses dernières respirations sur terre.

La différence, ici, est que c'est la personne la plus légitime à faire revivre ce monstre sacré qui s'est chargée du coup. Exit l'exécrable Suge Knight, le bandit et patron de Death Row, qui avait mainmise jusqu'à récemment sur une bonne partie du répertoire. C'est plutôt Afeni Shakur, la mère du rappeur, qui est derrière ce projet. Ayant réussi, devant les tribunaux, à s'approprier les droits sur les masters de Pac au détriment de ce malfrat de Suge. On ne peut qu'applaudir la cour pour cette décision. C'est maintenant elle qui dirige la destinée de l'oeuvre de son fils regretté. Cependant, soyons francs, il est louable de la part de la maman de célébrer le fiston, mais les exercices de recollage ont leurs limites. Bien que Tupac soit toujours aussi satisfaisant, que les beats tiennent assez bien la route et que les invités sont triés sur le volet, ça demeure un clone créé en laboratoire et formaté au goût du jour. Les petites touches de r&b sont particulièrement déplaisantes. Loin d'un incontournable, mais il y a tout de même des moments agréables.