13 février 2007

Busdriver - Road Kill Overcast (Epitaph)

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Ouf ! Je connaissais le type de nom. Mais il s'agit de ma première virée dans son trajet musicale. Le moteur du véhicule fait un drôle de son et je suis loin d'être à l'aise sur la banquette où j'ai posé mes fesses. Définitivement le genre d'endroit où je ne vais pas très souvent. Assez loin de moi l'idée d'en devenir un passager régulier dans un avenir rapproché. Ce n'est pas vraiment que le voyage fut si déplaisant. Au contraire. Juste que je m'attendais d'être conduit près d'une plage — il est de LA — et j'ai plutôt l'impression d'être débarqué quelque part dans le Nebraska. Dans un contexte ou l'expression, «faire un voyage d'acide» prend tout son sens.

On parle d'un chauffeur d'autobus comme il n'en passe que très rarement près de chez vous. Comme promenade, disons que c'est particulier et que le dépaysement est garanti. Dans le cas de celui-ci du moins, son cinquième. Semblerait-il d'après ce que j'ai pu lire sur internet que les précédents sont moins psychédélique. Et que l'album Temporary Forever, lancé en 2002 se veut en soit un classique du rap underground. On y reviendra peut-être un jour, mais pour l'instant, laissons place à cette bête peu commune qu'est l'album Road Kill Overcast.

C'est bourré de recoins créatifs. Les genres sont joyeusement transcendés et les frontières sont repoussées dans tous les coins possibles. Fruit du travail de deux producteurs : Nobody et Boom Bip. Loin de tourner les coins ronds, le principal intéressé, Busdriver navigue avec un flow aiguisé, rapide et totalement maîtrisé. Ou encore, exploite sa voix dans une avenue un peu plus pop, ce qui lui réussit assez bien aussi. C'est assez court, 12 chansons. Mais c'est une véritable boîte à surprise. Ou encore, une boîte de vitesse manuelle qui possède un nombre d'engrenage digne d'une voiture de course ! Tout ça est assez rocambolesque. Mais tant qu'à rester cloîtré chez vous, je vous conseille de monter, les voyages ouvrent l'esprit !

12 février 2007

Om : Hip Hop Volume One

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Bon, Om Records, une autre patente à se souvenir de c’est quoi au juste cette affaire-là? C’est simple, ça fait de la musique. Comme un instrument… de commercialisation de disques. Ce n’est pas chinois, plutôt natif des environs de San Francisco. Leurs trucs connus que vous pourriez connaître ? Des séries telles : Mushroom Jazz, Om Lounge, San Francisco Sessions et surtout Deep Concentration. Ou encore dans le rap, du monde comme : People Under The Stairs et Zion I & The Grouch par exemple… Bien que cette étiquette, qui existe depuis 1995 soit encore très axée sur la musique électronique, sa division hip hop a, tranquillement, mais sûrement pris du galon depuis le temps. Mais tout ce beau monde demeure toutefois fort méconnu du public en général. Voilà pourquoi cette compilation est pertinente, elle donne un aperçu global du style et du talent des artistes en question (Zion I & The Grouch, Strange Fruit Project, Ladybug Mecca, E Da Boss, The One, Zeph and Azeem, J-Boogie's, Colossus, etc.). Vous y découvrirez certainement du bon ! Définitivement intéressant si d'habitude, vous aimez le courant underground de la Bay Area...

08 février 2007

Snoop Dogg - Tha Blue Carpet Treatment (Geffen)

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Le show du dogfather, vous étiez de l'assistance l'autre soir ? Paraît-il que tout le monde s'est bien amusé, tout comme Laurent, notre critique attitré ! Que le monsieur n'a pas été chiche sur les classiques et que le son était bon ? Heureusement, au prix qu'une virée pareille ampute dans le porte-feuille...

Parlant de classique, les plus grands du doggy dogg sont derrière lui. Sans être nostalgique, la belle époque de Death Row est révolue. Ses premières collaborations avec Dre et Tupac par exemple. Ou encore Doggystyle, son premier sorti il y a 15 ans, dont personne n'attend rien de pareil depuis belle lurette. Depuis peut-être 2000 en fait ? Année qui vu paraître l'excellent The Last Meal. Par la suite, un changement de style s'est opéré du côté de Calvin Broadus. Délaissant son côté gangsta pour une approche plus commerciale. Ses deux précédents, Paid Tha Cost (2002) et Rhythm & Gangsta (2004) ne peuvent qu'en témoigner. On peut aisément oublier cette période plus mainstream alimenté par les productions signées The Neptunes.

Snoop s'est recentré dans son carcan habituel depuis. Il a laissé faire les collaborations avec Justin Timberlake et s'est remis avec ses vieux acolytes. D'abord, il a réconcilié Daz et Kurupt avant de reformer avec eux le groupe Tha Dogg Pound. Ils ont sorti Cali Iz Active l'été dernier, rien de génial, mais somme toute acceptable. Puis, il a bien pris soin de redorer sa crédibilité de mauvais garçon avant de sortir le sien. Il s'est fait arrêter trois fois l'automne passé après avoir foutu le bordel avec sa clique, notamment à l'aéroport Heathrow de Londres. Et bien entendu, il a fait transpirer la chose un peu sur internet avec un « nanane » digne d'intérêt, l'excellente 'Imagine' produite par Dr Dre. N'en fallut pas plus pour m'ouvrir l'appétit.

Après plusieurs écoutes, pas de doute, le client est satisfait. J'ai bien mangé. Mais le plat fut trop copieux chaque fois. Presque 80 minutes. Une mastication étalonnée sur 21 chansons. Quinze ou seize bouchées auraient suffi. Malgré ça, le goût est dans l'assiette. Snoop, avec son incomparable flow et sa présence calme et efficace au micro, donne dans le filet mignon bien plus que la simple côtelette. La sauce musicale, relevée par la présence d'épices de qualité est consistante. Avec les Dre, Soopafly, Nottz, Timbaland, Battlecat, Rhythm D et Rick Rock par exemple. Et au rayon des convives invités, une assistance de premier plan : Georges Clinton, Nate Dogg, B. Real, E-40, Daz, Kurupt, Damian Marley, The Game, Ice Cube et Stevie Wonder. En plus de R Kelly, Akon et Jamie Foxx, qui amènent une touche davantage r&b, fait intéressant, les deux derniers ont même produit leur morceau respectif.

Tonton Snoop, le messie du g-funk est de retour dans les hautes sphères de la chaîne alimentaire. Sans hésitation, il s'agit ici de son effort le plus remarquable depuis un bout !

07 février 2007

Young Jezzy - The Inspiration (DefJam)

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Un autre ancien vendeur de cocaïne recyclé en rappeur. Celui-là est d'Atlanta et se fait également appelé Snowman face à son passé de fournisseur de sachet blanc. Habituellement avec cette substance illicite, on a un high en partant, et un down assuré par après. Dans son cas, faudrait changer de fournisseur parce que j'ai seulement eu la désagréable sensation de descendre. Fin de la quatrième chanson et j'en ai déjà plein mon sac. Cinquième ? Huitième ? Pas de changement. L'impression d'être allé au métro Berri me faire arnaquer par un vendeur amateur. Le meilleur moment est venu quand j'ai pesé sur le piton «pause» pour aller répondre au téléphone. Je reviens devant l'écran, regarde le lecteur de disque à proximité et me dit alors, « c'est pas vrai, faut-il vraiment que j'en consomme encore ? » C'est comme la vaisselle, faut se botter le cul et s'en débarrasser... C'est ce que j'ai fait ! Marcher à reculons jusqu'à la machine et endurer les huit morceaux restants avec l'envie définitive d'en finir. C'est du pareil au même tout au long de l'heure que ça dure. Comme si je reniflais de la farine, ça ne gèle justement pas de s'envoyer de la farine dans les narines. Au même titre que la poudre colombienne elle-même, c'est déconseillé sur toute la ligne. Vous pouvez bien essayer si ça vous chante, mais quant à moi, c'est 20 dollars drôlement bien gaspillés...

01 février 2007

Hip Hip Forever 3 - DJ Jazzy Jeff (bbe)

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Il a plus de 25 ans de carrière et vous n'avez peut-être même pas 20 ans encore. Le célèbre Jeffrey Townes alias DJ Jazzy Jeff est né en 1965 du côté ouest de Philadelphie. Il est l'un des DJ les plus respectés de son art, le turntablism comme dirait Molière. Il figure au temple de la renommée du DMC World Championship, l'organisme derrière la très prestigieuse compétition du même nom.

Ça débute en 1985 pour lui. Cette année-là, il fait la rencontre d'un certain Will Smith avec qui il développe aussitôt une complicité évidente. Ils adoptent le nom de DJ Jazzy Jeff & the Fresh Prince et lanceront 5 albums de 87 à 93, dont le premier double vinyle de l'histoire du rap avec He's The DJ, I'm The Rapper en 1988. L'extrait Parents Just Don’t Understand leur vaudra le premier Grammy décerné dans la catégorie chanson rap de l'année en 1989. Ils vendront plus de 14 millions d'albums durant cette fructueuse période.

En 1998, le DJ émérite signe chez Columbia pour son premier effort solo, travaille avec la jeune sensation Eminem et des poids lourds tels que Masta Ace et De La Soul. Malheureusement, la maison mère Sony décide de ne pas sortir le projet prétextant que son potentiel commercial n'est pas viable.

En 2001, l'indépendante Anglaise BBE propose carte blanche à l'artiste en vue d'un effort solo dans sa série consacrée aux DJ's : Beat Generation (Jay Dee, Pete Rock, etc.). Il accepte, laisse Sony et sort l'album The Magnificient en 2002. Les commentaires positifs se feront nombreux à l'endroit de ce disque et avec raison. Je peux moi-même en témoigner, car je n'ai jamais eu le moindre regret de l'avoir acheté.

Depuis, il a notamment lancé Hip-Hop Forever 2 en 2004. Fait curieux, il ne semble exister aucun tome premier. Ce qui ne l'a pas empêché d'en remettre une couche avec le tome 3 sorti en novembre dernier. Pour être franc avec vous, la liste des titres qu'il a réunis est assez alléchante. Quelques classiques qu'il fait bons d'avoir sur un même disque. Le tout, 26 chansons mixées avec un doigté digne d'une légende de sa trempe et agrémenté de scratch savamment maîtrisé. On y retrouve les Pharcyde, Biz Markie, Little Brother, Large Professor, Masta Ace, Big L, Saukrates, Slum Village, Marley Marl, Gangstarr, Royce Da 5'9'' et Redman par exemple. J'en ai moi-même un peu trop abusé ces derniers temps et je vous mets au défi de ne pas en faire autant... Un achat rentable !

Fait à noter, il prépare le lancement de la suite de The Magnificient, prévu quelque part en mars 2007.