Le show du dogfather, vous étiez de l'assistance l'autre soir ? Paraît-il que tout le monde s'est bien amusé, tout comme Laurent, notre critique attitré ! Que le monsieur n'a pas été chiche sur les classiques et que le son était bon ? Heureusement, au prix qu'une virée pareille ampute dans le porte-feuille...
Parlant de classique, les plus grands du doggy dogg sont derrière lui. Sans être nostalgique, la belle époque de Death Row est révolue. Ses premières collaborations avec Dre et Tupac par exemple. Ou encore Doggystyle, son premier sorti il y a 15 ans, dont personne n'attend rien de pareil depuis belle lurette. Depuis peut-être 2000 en fait ? Année qui vu paraître l'excellent The Last Meal. Par la suite, un changement de style s'est opéré du côté de Calvin Broadus. Délaissant son côté gangsta pour une approche plus commerciale. Ses deux précédents, Paid Tha Cost (2002) et Rhythm & Gangsta (2004) ne peuvent qu'en témoigner. On peut aisément oublier cette période plus mainstream alimenté par les productions signées The Neptunes.
Snoop s'est recentré dans son carcan habituel depuis. Il a laissé faire les collaborations avec Justin Timberlake et s'est remis avec ses vieux acolytes. D'abord, il a réconcilié Daz et Kurupt avant de reformer avec eux le groupe Tha Dogg Pound. Ils ont sorti Cali Iz Active l'été dernier, rien de génial, mais somme toute acceptable. Puis, il a bien pris soin de redorer sa crédibilité de mauvais garçon avant de sortir le sien. Il s'est fait arrêter trois fois l'automne passé après avoir foutu le bordel avec sa clique, notamment à l'aéroport Heathrow de Londres. Et bien entendu, il a fait transpirer la chose un peu sur internet avec un « nanane » digne d'intérêt, l'excellente 'Imagine' produite par Dr Dre. N'en fallut pas plus pour m'ouvrir l'appétit.
Après plusieurs écoutes, pas de doute, le client est satisfait. J'ai bien mangé. Mais le plat fut trop copieux chaque fois. Presque 80 minutes. Une mastication étalonnée sur 21 chansons. Quinze ou seize bouchées auraient suffi. Malgré ça, le goût est dans l'assiette. Snoop, avec son incomparable flow et sa présence calme et efficace au micro, donne dans le filet mignon bien plus que la simple côtelette. La sauce musicale, relevée par la présence d'épices de qualité est consistante. Avec les Dre, Soopafly, Nottz, Timbaland, Battlecat, Rhythm D et Rick Rock par exemple. Et au rayon des convives invités, une assistance de premier plan : Georges Clinton, Nate Dogg, B. Real, E-40, Daz, Kurupt, Damian Marley, The Game, Ice Cube et Stevie Wonder. En plus de R Kelly, Akon et Jamie Foxx, qui amènent une touche davantage r&b, fait intéressant, les deux derniers ont même produit leur morceau respectif.
Tonton Snoop, le messie du g-funk est de retour dans les hautes sphères de la chaîne alimentaire. Sans hésitation, il s'agit ici de son effort le plus remarquable depuis un bout !